P1040408_50A peine Cayenne avait-elle fêté l’arrivée de Julien Besson et d'Henri-Georges Hidair sur le quai du vieux port transformé en tribune, que le canot de Jean-Emmanuel Alein coupait à son tour la ligne d’arrivée dans le soleil couchant. Jean-Emmanuel est lui aussi guyanais et il a lui aussi réussi un bel exploit d’autant plus remarquable qu’il a subi deux chavirages et a très tôt du se nourrir de froid puis a souffert du manque d’eau à bord de son canot. Sa place de 4ème n’en est que plus méritoire. Cet homme a dû puiser au plus profond de ses  forces et de son courage pour traverser l’Atlantique et  s’est constamment battu dans le peloton de tête. A peine débarqué de son canot, Jean-Emmanuel a rejoint la mairie de Cayenne où ses deux camarades Julien et Henri-Georges recevaient les honneurs. Inutile de préciser que son arrivée a été saluée par des tonnerres d’applaudissements.

Interview: « Cette course est géniale mais j’ai eu beaucoup de galères. J’ai chaviré plusieurs fois, j’ai eu des problèmes électriques… Ça a été très chaud. L’objectif était de ramener le bateau en Guyane. Ce n’était pas évident et c’est vraiment grâce à ma femme que j’ai réussi. A Dakar un téléphone iridium a été endommagé et j’ai dû en racheter un autre avant de partir. J’ai chaviré le premier week-end et l’Iridium s’est cassé en deux. J’ai alors dû utiliser l’appareil de secours qui fonctionnait nettement moins bien. Rapidement, j’ai eu des problèmes électriques et il a fallu que je communique un minimum surtout avec mon routeur. Autre pépin : j’ai cassé ma gazinière. Mes panneaux solaires fonctionnaient mal. Donc j’ai dû me rationner en eau en utilisant le « désal » manuel. Je faisais dix heures de rame puis je pompais deux heures de jour pour faire un peu d’eau. Je dormais, je repompais une heure entre 12 et 13 h. Et ça c’était à partir de la semaine 3. Le choix de la route sud a été un bon choix. Je pensais vraiment que c’était la route gagnante mais pendant trois jours je suis resté scotché par un courant de surface. Sans ça, je pense que je pouvais gagner.  Franchement ça s’est joué à très peu. J’en ai discuté avec Pascal. En plus, ces problèmes d’eau m’ont vraiment pénalisé. J’aurai dû arriver plus tôt. Mais je suis content d’être là après tout ce qui m’est arrivé. Je m’étais entraîné pour gagner. Et finalement, cet entraînement m’a servi à gérer la crise ».

Portrait : Jean Emmanuel Alein

Né le 13 Juin en 1971, vit maritalement a deux enfants. Il est gérant de société et éducateur en kitesurf et ski nautique. Il réside à Kourou et c’est sa première participation à la course. Son bateau Sapro Point Bois a été construit par l’Ecole de Croisière Flamboyant pour Patrick Hoyau, le vainqueur de la précédente édition de la Bouvet Guyane. « Le sport et les challenges font tellement partie de ma vie que j’en ai fait mon métier. Professionnel du Kitesurf, du Wakeboard et du ski nautique, je suis habitué à la compétition aux entraînements qu’elle suppose. Je ne me lance jamais au hasard dans une discipline et si j’y vais, c’est toujours pour gagner ou pour atteindre le plus haut niveau ». Et c’est dans cet esprit que je me prépare à la Bouvet Guyane déclarait le guyanais avant le départ. Missions fort joliment réussie.



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Podium 2012

PASCAL VAUDE

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JULIEN BESSON

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Henri-George HIDAIR

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JEAN EMMANUEL ALEIN

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